Majeure et mineure (cas pratique)
Dans un cas pratique, la majeure énonce la règle de droit applicable et la mineure applique cette règle aux faits qualifiés pour en déduire la solution.
Définition
La majeure et la mineure sont les deux premières branches du syllogisme appliqué au cas pratique. La majeure énonce la règle de droit de façon abstraite : l'article, le principe ou la jurisprudence qui gouverne la question posée, avec ses conditions d'application. La mineure descend au concret : elle confronte les faits de l'espèce, préalablement qualifiés, à chacune de ces conditions pour vérifier si elles sont remplies. La conclusion n'arrive qu'ensuite. La majeure répond à « que dit le droit ? », la mineure à « que disent les faits au regard de ce droit ? ». Leur articulation est le mouvement de base d'un raisonnement juridique. Une majeure bien posée reste ciblée : vous n'exposez que la règle utile à la question, pas tout ce que vous savez sur le thème. La mineure, elle, est le lieu du vrai travail : c'est là que vous montrez, condition par condition, pourquoi la règle s'applique ou non à Lina, à Hugo, à cette clause précise.
Exemple
Lina achète une voiture à Hugo, qui présente un vice moteur antérieur à la vente. La question est de savoir si Lina peut agir en garantie des vices cachés. Majeure : l'article 1641 du Code civil garantit l'acheteur contre les défauts cachés rendant la chose impropre à son usage, à condition que le vice soit antérieur à la vente, non apparent, et suffisamment grave. Mineure : le vice moteur existait avant la vente, Lina ne pouvait le déceler lors de l'achat, et il rend le véhicule inutilisable. Les trois conditions sont réunies. Vous tenez votre conclusion, et surtout vous avez montré comment vous y arrivez.
Erreur fréquente
Deux erreurs reviennent sans cesse, et elles sont liées. La première : gonfler la majeure. Vous récitez tout le régime des vices cachés, l'historique de l'article, les débats doctrinaux, alors que la question ne portait que sur l'antériorité du défaut. Ce hors sujet ne rapporte rien et noie la règle utile. La seconde, plus grave : bâcler la mineure. Vous posez une belle majeure, puis vous expédiez l'application en une phrase, « en l'espèce, les conditions sont remplies ». Or c'est exactement l'inverse qu'il faut faire. La mineure est le cœur du raisonnement, l'endroit où vous prouvez, fait par fait, que la règle mord sur l'espèce. Une majeure massive et une mineure squelettique, c'est le signe d'une copie qui récite au lieu de raisonner.
Lien méthode CADRE
La majeure et la mineure sont le geste central de l'étape Développer. Une fois le problème cerné et les règles assemblées, Développer consiste précisément à faire travailler la règle sur les faits : poser la majeure juste, puis dérouler la mineure condition par condition. Ce n'est pas empiler des connaissances, c'est les confronter à l'espèce. La qualité de votre étape D se joue dans la mineure : c'est là que se voit la différence entre une copie qui sait le cours et une copie qui pense le cas.
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